Chakirou Folahan Ayindé SALAMI
Artiste multidisciplinaire – Metteur en scène – Administrateur culturel – Rédacteur de
projets
Chakirou Folahan Ayindé SALAMI est un artiste béninois Yoruba aux multiples facettes : comédien, conteur, danseur, metteur en scène et administrateur culturel. Titulaire d’une double licence en communication (UCAO) et en arts scéniques (EITB), il évolue depuis plus d’une quinzaine d’années dans le domaine des arts vivants. Sa démarche artistique s’ancre dans la tradition orale africaine tout en explorant la modernité, à travers des créations hybrides mêlant théâtre, danse, conte et dramaturgie contemporaine. Fondateur et secrétaire général de la Compagnie Dimension et administrateur de la Cie Arts Ca’danser, Chakirou est aussi coordinateur d’un bureau de production et de diffusion de spectacles de danse et de cirque. Il a accompagné des créations primées et collabore régulièrement avec des institutions en Afrique et ailleurs. Son objectif : renforcer les mécanismes de production, de diffusion e let de formation tout en faisant rayonner la culture béninoise sur la scène internationale.
Eric Mededa
Né en 1985
Vit, et travaille à Cotonou (Rép. du Bénin)
Éric Mededa aime dire de son travail qu’il dépeint des clichés, des histoires enfouies dont l’essence réside dans les fantômes du quotidien : « Les corps que je peins font partie d’une histoire non vécue. Ils se révèlent tels dans un jeu avec le spectateur, témoins de leur existence matérielle. Ce sont des amis de l’ombre. Ce sont des moments de rêve éveillé auxquels la poésie à donner chair », affirme-t-il. Peintre, et performeur, il vit, et travaille à Cotonou. Son œuvre est d’abord picturale. L’Humanité imparfaite l’intéresse. Il y associe alors des saisies morphologiques dansantes. Les corps qui habillent ses œuvres ne sont issus d’aucune temporalité. Dans ses compositions, la lutte de l’humanité pour parvenir à la réalité semble être vaine. On ne sait pas ce qui habite les sentiments de ces ombres.
L’imperfection de l’humanité chez Éric Mededa se vêt aussi d’une quête de la réelle histoire. La redondance de cette problématique dans son œuvre donnera naissance à quelques actes performatifs. Dans « Maintenant, le futur », l’histoire se trouve personnifiée à travers le corps du performeur. Enchainé par le poids des récits séculaires, il entreprend une marche douloureuse pour se retrouver. Il lève le poing comme pour dire liberté ; il rythme sa marche pour marquer des points dans l’acte de la traversée historique. Les thématiques touchant à la décolonisation, à l’identité, à la tradition, à la révélation s’y affirment. Le performeur qui se mue en peintre n’échappe guère à cette envie de se représenter. Les silhouettes-ombres deviennent des autoportraits.
Dès les années 2015, le tamis a constitué un de ses matériaux de réflexion. Le tamis, objet essentiellement symbolique, est généralement utilisé par les femmes pour séparer le bon grain de l’ivraie. Le tamis est surtout un objet à conciliation, à union, à concertation qui voit les voix féminines dire leurs angoisses quant aux vicissitudes de la vie. Le tamis, c’est une passerelle à histoires, une chose habitée par les énergies de celles qui ont appris à l’utiliser. Éric Mededa tente d’y insérer les traditions orales de son patrimoine immatériel comme pour soumettre le dire à la mécanique du tamis. La vérité des corps trouve un point d’ancrage dans son œuvre. Elle sert d’outil de narration.
Un élément récurrent, la fenêtre, qui se meuve en carcan d’évasion pour l’humanité. C’est une officine que l’on pourrait comparer à une chosification de l’Histoire. Comment se réveiller d’un moment figé où les mots-maux qui parcourent les pénates ne sont que farces.
Steven Coffi Adjaï