Le projet de résidence de Michella Perera gravite autour d’une question : comment les gestes rituels du quotidien engagent-ils des formes de savoir que ni l’écriture ni la parole ne suffisent à transmettre ? Formée à la sculpture, elle travaille principalement la peinture et l’installation, peuplant ses toiles de figures féminines anonymes dont les corps pigmentés accomplissent des gestes de récolte, de contact avec le végétal et de manipulation rituelle.

Résidente à l’Espace Culturel Le Centre, Michela Perera a mené une enquête de terrain auprès de prêtresses vodun, de praticien•ne•s culturel•le•s et d’historien•ne•s, portant son attention sur les figures de Mami Wata et d’Olokun, divinités de l’eau, de la fertilité et de la guérison, qu’elle met en regard avec les déesses-fleuves et déesses-serpents du continent indien (Ganga, Manasa).


Ce rapprochement suit les routes documentées de la circulation des images entre côtes ouest-africaines et sud-asiatiques depuis le XVe siècle : lithographies de charmeurs de serpents, chromolithographies de déesses hindoues réinterprétées localement.
La série produite à Cotonou a donné lieu à une exposition personnelle. Trois axes articulent les œuvres : purification, vénération, divination, modalités par lesquelles des femmes, dans des sociétés structurées par des hiérarchies patriarcales, ont conservé des formes d’autorité culturelle et des savoirs botaniques et rituels transmis de corps en corps.


