Le projet engage la danse swing, le Lindy Hop et ses formes solo (Authentic Jazz, Charleston), comme terrain d’enquête sur une généalogie : celle des héritages africains que la diaspora afro-américaine a portés dans le jazz et ses danses. Polyrythmie, ancrage au sol, improvisation, dimension communautaire : autant de traits que Forano confronte aux répertoires traditionnels locaux et aux percussions de Parakou.

La résidence prolonge un premier atelier mené en 2025 avec l’Académie Wassangari, dont les danseur·euse·s deviennent ici co-auteur·rice·s d’une pièce chorégraphique. Trois gestes structurent la recherche. La transmission des techniques swing s’articule au dialogue avec des percussionnistes traditionnels, invités à revisiter des standards ou composer des pièces originales ; de cet échange naît une création collective, donnée en restitution publique.

Le médium demeure le corps en mouvement, saisi comme archive d’une filiation longtemps invisibilisée. Modules de médiation (Université de Parakou, centre communautaire EYA, Institut français de Cotonou) et diffusion vers les réseaux swing internationaux situent Parakou sur une cartographie où le Bénin revendique une place dans la redécouverte des racines africaines du swing.

« Introduire le swing à Parakou, première ville du Bénin à accueillir cette pratique, représentait l’opportunité de questionner ces mémoires chorégraphiques et musicales à travers une création contemporaine, tout en favorisant des échanges entre artistes béninois et pratiques issues de la diaspora afro-américaine. Plus qu’un “retour aux sources”, le projet cherchait à faire émerger des résonances, des écarts et des correspondances entre différentes manières de penser le rythme, le collectif, l’improvisation et l’expression individuelle à travers la danse. »
– Extrait du rapport narratif de l’artiste

Crédits photographiques : Marion Forano / Félix Shooting