Le titre du projet emprunte au vodou haïtien la figure des jumeaux, cette dualité sacrée qui permet de penser deux terres ensemble plutôt que l’une après l’autre : Haïti et le Bénin, liés par la route de l’esclavage et la mémoire de Ouidah.
Andrise Pierre écrit avec ses oreilles autant qu’avec ses mots. Son précédent projet, Le Souffle d’Haïti, enregistrait déjà les marchés, les tambours et les voix des rues de Port-au-Prince pour nourrir son écriture. Avec Marasa, ce geste se prolonge au Bénin, où une première résidence à Ouidah, en 2023, avait donné lieu à une reconnaissance qu’elle n’attendait pas : dans les rues, les marchés, jusque dans une consultation du Fa qui lui révèle Legba comme dieu protecteur, elle retrouve des fragments d’Haïti et cesse de se sentir étrangère.
Accompagnée par la metteuse en scène béninoise Nathalie Hounvo Yèkpè, Andrise Pierre construit une partition scénique immersive où se croisent contes, sons collectés dans les deux pays et récits intimes, sans jamais se figer en théâtre documentaire. Le projet questionne ce qui a résisté malgré l’histoire : les traditions vivantes, les héritages qui traversent l’Atlantique, la mémoire de la traite et l’actualité de la dette d’indépendance haïtienne.




