Milka Kongi Mbunga et Gwenaëlle Tatoué travaillent depuis plusieurs années à une écriture scénique hybride où poésie, slam, danse et musique s’articulent sans hiérarchie. Toutes deux ancrées dans des héritages congolais et afrodescendants, elles font de la performance un espace où les mémoires diasporiques cessent d’être des archives pour redevenir des gestes vivants.

Les Portes du Retour prend son point de départ dans une inversion symbolique : là où certains seuils de la côte béninoise ont marqué des départs sans retour, le projet propose de réouvrir des passages. La résidence s’est déployée principalement à Parakou, au musée d’art ethnographique dont l’architecture reproduit la disposition des villages-royaumes Baatonou, forme spatiale qui résonne directement avec le cosmogramme Kalunga kikongo structurant la performance.
Ce dialogue entre organisation de l’espace et temporalité non-linéaire a irrigué la dramaturgie des quatre tableaux créés in situ : rituel de naissance, lavement purificateur, divination par les cauris, danse d’initiation.

La performance convoque plusieurs langues (fon, lingala, bariba, créole réunionnais) et plusieurs systèmes spirituels (ifá, culte des ancêtres, kalunga), non par accumulation comparative, mais parce que ces traditions partagent une même logique de transmission : ce que le corps retient quand les routes ont été coupées. Présentée au musée ethnographique de Parakou puis au festival Vima Karo de Grand-Popo, la pièce a été reçue par des publics qui en découvraient pour la plupart la forme, ouvrant des discussions sur la mémoire, l’appartenance et la circulation des héritages panafricains.

