L’œuvre de Nuits Balnéaires s’inscrit à la croisée de la photographie, de l’installation, du cinéma et de la poésie, portée par une interrogation persistante sur ce qui circule entre les générations quand les mots font défaut. Le projet développé au Bénin prolonge une trajectoire amorcée avec Le Pouvoir des Alliances à Grand-Bassam, puis avec Eboro : une exploration des liens entre héritage génétique, spirituel et géographique, où figures familiales et mythologiques se répondent.

Un vers de son oncle, le poète et dramaturge Noël X. Ebony, repris par son père dans ses derniers instants, donne son titre et sa matière à l’installation.

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Pièce centrale de la maison familiale où récits, gestes et silences coexistent, cette installation est conçue comme un salon. Elle fait dialoguer des espaces profondément familiers pour l’artiste : le jardin de son enfance, les clairières forestières, les chemins d’un Eden originel qu’il envisage comme un état transmis de génération en génération, antérieur au langage. La volupté de l’eau, la piété et l’idée d’un paradis intérieur traversent ces lieux, points de rencontre entre mémoire intime et mémoire collective.

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L’installation réunit un corpus d’œuvres dont les registres articulent des temporalités distinctes : Car il faut partir et la lune brille convoque l’insouciance de l’enfance ; Jour de fête documente une procession vers la rivière lors de la fête des ignames en pays Agni-Bona, croisant archives de son père et gestes rituels collectifs ; Minuit et Sainte Marie restituent la piété de sa mère dans ses longues nuits de prière, vécue comme transcendance de l’amour maternel et familial. Un canapé conceptuel recouvert de photographies sérigraphiées, une table sculptée chargée de symboles, un mur d’archives familiales mis en regard d’images produites au Bénin, et des voix en agni-bona, akan, malinké et fon complètent l’ensemble.

Au centre repose le Trône N’vavilé Bognan 1, objet imaginaire de la famille N’vavilé de Grand-Bassam, conçu entre Côte d’Ivoire et Bénin, posé sur un bloc de terre d’Abomey. Conçu en réponse au pillage des objets ancestraux déplacés dans les musées occidentaux, il constitue une tentative de réparer l’absence et le vide que ces dépossessions ont laissés, tout en incarnant la cohésion et le lien communautaire qu’elles ont fragmentés.

La collaboration avec l’atelier d’encadrement Atila à Cotonou a fonctionné comme un laboratoire pour Nuits Balnéaires, ouvrant des formats expérimentaux nouveaux dans la pratique de l’artiste, dont le livre intégré à Jour de fête.


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